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Vendredi 5 août 2005

A l'occasion du triste anniversaire de l’explosion de la bombe atomique sur la ville d'Hiroshima par les Américains (6 août 1945), TF1 a diffusé jeudi soir (4 août) un docu-fiction nommé "Hiroshima" coproduit avec la BBC. Commenté par Bernard Giraudeau, on nous présente alors tout d'abord le projet Manhattan et les essais associés. On apprend alors que la puissance de la bombe équivaut à 67 millions de bâtons de dynamites. Le documentaire alterne alors entre témoignages de personnes ayant participé à ces préparatifs et des reconstitutions mettant en scène des chefs militaires américains se targuant d'avoir là une arme de destruction massive d'une ampleur à peine imaginable.

Pour re-situer le contexte politique de l'époque, et notamment les relations très difficiles entre les Américains et l'empire japonais, on nous montre ensuite des reconstitutions de réunions de crise dans les deux camps; la traduction française prête ici à sourire tant elle manque de subtilité et d'authenticité, mais il est clair qu'il faut avoir à l'esprit que TF1 proposait par ce documentaire plus un divertissement qu'une analyse précise des causes du bombardement d'Hiroshima. Bref, nous assistons alors à l'impasse politique et très rapidement à la prise de décision de la part de l'Amérique de bombarder atomiquement le Japon. Succèdent alors des reconstitutions de la vie de plusieurs personnes survivantes qui témoignent des dernières minutes qu'ils ont vécu à Hiroshima avant l'anéantissement de la ville. On y voit un médecin, une jeune conductrice de tramway participant à l'effort de guerre, une infirmière; pendant ce temps, l'équipage Américain en charge de larguer la bombe plaisante dans l'avion en s'approchant d'Hiroshima (reconstitution). A l'approche de la ville, la bombe est amorcé par Parsons ("Le juge se met au boulot" lance le pilote de l'avion); l'aspect dramatique de la scène est à son paroxysme quand Parsons termine sa dernière manipulation pour l'amorçage de la bombe et qu'on a l'impression qu'il regrette déjà ce qu’il vient de faire. On  est vite fixé lorsqu’ il est interviewé et qu'il dit qu'il était simplement soulagé d'avoir terminé son travail.

Le temps écoulé entre le larguage de la bombe et son explosion qui a duré 45 secondes en réalité, est ici traité de manière cinématographique avec des effets spéciaux dignes de Steven Spielberg. On assiste aux dernières secondes de vie de milliers d'habitants d'Hiroshima, ceux qui témoignent mais également tous ceux qui sont dans les rues pour se rendre à leur travail. Les survivants énoncent tour après tour la dernière chose qu'ils étaient en train de faire avant que le bombe n'explose : "J' étais en train de compter", "J'époussetais le bureau", "mon mari lisait le journal", "je conduisais le tramway"...La bombe explose dans un "flash lumineux bien plus intense que le soleil", les personnes qui se trouvent dans la rue au niveau de l'épicentre sont désintégrés tellement la chaleur est élevée (4000°C); les membres de l'équipage américain qui s'éloignent à bord du bombardier sont hagards, abasourdis par l'ampleur de ce qu'ils viennent d'accomplir...L'onde de choc se répand alors jusque dans les hauteurs éloignées de la ville, détruisant les maisons et tout ce qui s'y trouve à l'intérieur. Le nuage se forme alors et la ville se retrouve dans l'obscurité totale, en proie à un incendie généralisé. Les cadavres jonchent le sol, les survivants n'ont plus de peau et d'autres sont coincés sous les décombres de leur maison. On assiste alors à une scène reconstituée entre une mère et sa fille coincée sous un amas de poutres et de pierres qui appelle sa mère; celle ci est en larmes, défigurée et déclare alors "Maman n'est pas assez courageuse pour mourir avec toi"...Un petit garçon est sauvé des décombres en flammes par un soldat qui le ramène à son père bouleversé (on voit la silhouette du soldat portant l'enfant en contre plongée en haut d'un pont et en dessous la foule en haillons et en pleurs). Il se met alors à pleuvoir à grosses gouttes noires (cendres et fumée assimilés par les nuages de haute altitude gorgés d'eau), et les survivants assoiffés boivent cette potion hautement radioactive qui les condamne à mourir dans les jours suivants. On voit ensuite des soldats et politiques américains contents du succès de l'opération. Vient alors le témoignage d'un ex-soldat américain : "plus on en tuait plus on était content …".

La suite du documentaire nous montre l’obstination des militaires japonais à ne pas cesser le conflit ; vient alors la deuxième bombe, à Nagazaki, qui y met fin.

La question qui est posée au terme du documentaire est : « Etait ce nécessaire ? ». Un médecin japonais survivant d’Hiroshima dit que les américains voulaient simplement tester leur bombe, que rien d’autre n’explique leur folie, mais qu’ils n’avaient pas même conscience des impacts causés par les radiations les jours, les mois, les années qui suivirent l’explosion. Dans les dernières images, on voit des images actuelles d’Hiroshima, ses grattes ciel, mais aussi un arbre à moitié calciné ou une silhouette humaine dessinée par un dépôt noirâtre incrusté dans un mur…Vestiges terrifiants d’un jour sans nom…

 

 

par Les actu-tv observateurs publié dans : TF1
 
 
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